Questions/Réponses

Dans cette partie vous trouverez des réponses à des questions de lecteurs. Vous aussi posez votre question via les commentaires de cette page.

 

28 réflexions à propos de “ Questions/Réponses ”

  1. Que pensez -vous de l’ancien testament ??quand je le lis j’y vois une seule chose, le sexe et la guerre,est-il important de lire tous ces livres ?

    • Il est difficile de vous répondre brièvement mais plusieurs remarques pourront peut-être vous aider. En premier lieu, la Bible dépeint le monde tel qu’il est et la guerre et le sexe font partie de l’histoire des hommes.
      L’Ancien testament a surtout un caractère historique et prophétique. le Nouveau testament développe davantage la réponse que la foi apporte aux problèmes humains et contient des exhortations à chercher en Jésus la force pour vivre autrement en obéissant à la volonté divine. Mais toute la Bible, y compris le visage bien laid qu’elle nous montre de nous-mêmes (à la manière d’un miroir) est nécessaire pour nous amener à la repentance et à la quête du pardon divin. Paul a écrit que toute l’Ecriture est inspirée de Dieu et utile… la possibilité de nous voir dans la Bible tels que Dieu nous voit est d’une importance de premier ordre.
      L’Ancien Testament ne propose pas un modèle à suivre, mais à côté de l’exposé de ce que Dieu attend de nous, il nous montre combien nous en sommes loin de façon à nous conduire à chercher en Jésus le pardon et une vie entièrement nouvelle.

  2. Peterson Benjamin a dit:

    Salut Pasteur Douliere!

    Que dit la bible a propos de la consommation de l’alcool? Un pasteur peut-il toujours consommer de l’alcool (bière, tafia, vin etc…)?

    • Bonjour ! Merci pour la question. J’espère que Matthew ne vous a pas trop secoué.

      Pour vous répondre, une première remarque. Pourquoi demander si un pasteur peut consommer de l’alcool ?
      Un pasteur est un chrétien parmi d’autres et si c’est permis (ou défendu) à l’un, pourquoi ne le serait-ce pas pour les autres?
      la Bible n’interdit pas la consommation de l’alcool. Mais elle contient de nombreux appels à la sobriété. Et, surtout, elle nous invite à dépasser le cadre du permis/défendu pour chercher ce qui est le meilleur. Il y a, bien sûr, des choses illégitimes. Pour elle, la modération n’a pas de sens. Mais en ce qui concerne les choses légitimes, voici ce que Paul pense: « Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. » (1 Corinthiens 6.12). Il va un peu plus loin dans la même épître (10.23): « Tout est permis, mais tout n’est pas utile ; tout est permis, mais tout n’édifie pas. » Sur cette base, nous pouvons poser une première question : Est-ce que les boissons alcoolisées sont utiles à quelque chose ? Est-ce qu’elles m’édifient spirituellement ?
      Je suis persuadé que la réponse est une évidence.
      La deuxième question est celle-ci: Boire bière, vin ou autre boisson alcoolisée ne risque-t-il pas de finir par m’asservir ; n’en deviendrai-je pas esclave ?
      Là aussi la réponse n’est pas loin. Bien des personnes boivent de temps en temps un peu d’alcool sans devenir alcooliques. Et, par nature, le risque n’existe pas pour tout le monde. Seulement, absolument personne ne peut savoir s’il fait partie ou non des gens non vulnérables ou au contraire des personnes ‘à risque’!
      Quand on découvre qu’on est parmi ces dernières, c’est déjà trop tard ! Et les alcooliques guéris vous diront combien cette guérison leur a coûté ! Même s’il est vrai que j’en connais quelques-uns qui ont été guéris du jour au lendemain en réponse à la prière. Si vous prenez des risques en comptant là-dessus, vous tentez Dieu et le Seigneur a rappelé Deutéronome 6.16 lorsqu’il fut tenté par le diable: « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu. »
      Hélas, bien sûr, nous nous croyons souvent plus malins que Lui!
      Il y aura, évidemment, bien d’autres choses à ajouter ; je me contenterai de vous reporter au livre des Proverbes, 23.29 à 35. Voici ce texte qui est une peinture fantastique de l’ivrogne:
      « Pour qui les ah? pour qui les hélas? Pour qui les disputes? Pour qui les plaintes ? Pour qui les blessures sans raison, pour qui les yeux rouges ? Pour ceux qui s’attardent auprès du vin, pour ceux qui vont déguster du vin mêlé. Ne regarde pas le vin qui paraît d’un beau rouge, qui fait des perles dans la coupe et qui coule aisément. Il finit par mordre comme un serpent et par piquer comme un basilic. Tes yeux se porteront sur des étrangères, et ton coeur parlera d’une manière perverse.
      Tu seras comme un homme couché au milieu de la mer, comme un homme couché sur le sommet d’un mât.On m’a frappé,… je n’ai point de mal!… On m’a battu,… je ne sens rien!… Quand me réveillerai-je ?… j’en veux encore ! »

      • Alan Gassif a dit:

        Bonsoir. Visitant votre site, je dois dire que j’apprécie vos courtes méditations qui me paraissent assez justes, mesurées et agréables à lire. Je pense en particulier à celle sur la joie de ce jour. Ceci étant dit, si je comprend sans aucune difficulté le souci pastoral de prévenir les brebis du Seigneur des risques encourus de par une consommation excessive d’alcool, nous leur devons néanmoins la vérité en vue de leur émancipation et de leur achèvement selon la stature d’homme fait, d’homme accompli. A ce titre donc, ne devons- nous pas nous rappeler que notre Seigneur a changé de l’eau en vin aux noces de Cana en dépit du fait que les convives étaient déjà plutôt alcoolisés ? Notre Maître et Seigneur aurait-il manqué de sagesse, en ignorant le livre des proverbes ? N’est-ce pas notre Roi qui institue la Sainte cène en nous invitant à partager la coupe de vin en son nom. C’est du pain et vin et non du pain et de l’eau et encore moins du jus de raisins. L’apôtre Paul conseille même à Timothé la consommation d’un peu de vin. En résumé, si j’apprécie votre souci de prudence avec les brebis et c »est tout à votre honneur, il n’en demeure pas moins qu’une position excessive nuit gravement au message. Dire en effet que boire de l »alcool, c’est déjà tenter Dieu est absurde car in fine cela revient à dire que Notre Seigneur a institué un mémorial de la tentation ! Notre sagesse personnelle ne doit pas nous conduire à aller plus loin que la doctrine. Nous ne sommes pas plus sages que Dieu. Jésus est Dieu. Pour le reste je vous rejoint assez. Tempérance et modération et si problème il y a, suivons donc le conseil du Maître en Mt 5:29
        « Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. ».
        Ni Luther, ni Calvin, ces deux étoiles de la réforme, ne s’opposent à la consommation de vin, et Calvin pour sa part dans  » l’Institution de la religion Chrétienne  » nous rappelle qu’il n’est pas fortuit que la coupe du Seigneur, la coupe en son sang, soit une coupe de vin.

        Salutations.

      • J’ai pris le temps de répondre à votre intervention qui fait suite à mon échange avec Peterson Benjamen à propos de l’alcool
        Vous écrivez que vous comprenez sans aucune difficulté le souci pastoral de prévenir les brebis des risques encourus… Merci. Qu’ai-je donc fait d’autre ?
        Vous parlez aussi de la nécessité d’aider les croyants à atteindre la stature parfaite du Christ. N’est-ce pas pour cela que j’ai repris, en particulier le texte de Philippiens 1.10 qui invite à croître dans l’amour en connaissance et intelligence pour discerner ce qui est (non défendu ou permis), mais « meilleur » ?
        Je répondais à l’un de mes anciens étudiants haïtiens. Il enseigne maintenant à son tour. Sa question n’était pas banale car les missionnaires qui ont quasiment les premiers évangélisé Haïti étaient et sont encore en grande majorité américains.
        Je suppose que vous savez que la majorité des églises américaines regardent la consommation d’alcool comme incompatible avec le témoignage chrétien. Je fus missionnaire à leur côté, il était donc juste de ne pas m’opposer à leur enseignement. J’ai donc souligné les dangers de l’alcool. Et cela ne m’était pas difficile car j’ai vu plus d’un croyant sombrer dans l’alcoolisme après avoir été les champions de la tempérance. Et je ne vous souhaite pas d’en accompagner un qui soit en plein delirium tremens.
        Mais j’ai cependant répondu qu’il n’y a pas d’interdiction biblique. Vous devriez, il me semble, relire ma réponse.
        A ce que j’ai écrit, vous avez proposé trois arguments. Il y en a de meilleurs que ceux que vous avez cités. Vous auriez pu, en effet, mentionner Deutéronome 14.26 (Là, tu achèteras avec l’argent tout ce que tu désireras, des boeufs, des brebis, du vin et des liqueurs fortes, tout ce qui te fera plaisir, tu mangeras devant l’Éternel, ton Dieu, et tu te réjouiras, toi et ta famille) ou Néhémie 8.10 (Ils leur dirent: Allez, mangez des viandes grasses et buvez des liqueurs douces, et envoyez des portions à ceux qui n’ont rien de préparé, car ce jour est consacré à notre Seigneur; ne vous affligez pas, car la joie de l’Éternel sera votre force.
        Seulement voilà, celui auquel je présenterais cet argument aurait raison de m’en citer d’autres qui montrent que l’exigence d’abstinence est parfois de rigueur pour des serviteurs de Dieu : Par exemple Proverbes 31.4 (Ce n’est point aux rois, Lemuel, Ce n’est point aux rois de boire du vin, ni aux princes de rechercher des liqueurs fortes), Juges 13.4 (Maintenant prends bien garde, ne bois ni vin ni liqueur forte, et ne mange rien d’impur) ; Nombres 6.3 pour le vœu de naziréat (il s’abstiendra de vin et de boisson enivrante; il ne boira ni vinaigre fait avec du vin, ni vinaigre fait avec une boisson enivrante; il ne boira d’aucune liqueur tirée des raisins, et il ne mangera point de raisins frais ni de raisins secs); Luc 1.15 au sujet de Jean-Baptiste (Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère)

        Vous faites une grande différence entre l’Ancien Testament et le Nouveau, elle est nécessaire, mais n’oubliez-vous pas que tout ce qui s’y trouve y est pour notre enseignement et que pas un iota ne passera tant que subsistent la terre et les cieux ?
        Vous vous êtes donc rabattu sur trois choses tirées du Nouveau. Je commencerai pas la troisième que vous faites précéder de ‘même’ : « Paul conseille ‘même’, dites-vous, à Timothée la consommation d’un peu de vin… » Ce conseil milite plutôt pour la cause que vous combattez. D’une part parce que vous admettez inconsciemment que c’est un comble ; d’autre part parce qu’il le conseille comme « médicament » pour lutter contre les constantes indispositions de son ‘enfant dans le Seigneur’.
        Le premier argument se reporte aux noces de Cana. J’aimerais vous poser une question. Sur quelle base concluez-vous que l’eau fut changée en vin ? Si vous connaissez le grec, vous savez que le mot grec utilisé désigne indifféremment le fruit de la vigne. Pour distinguer ce fruit de la vigne fermenté du fruit de la vigne non fermenté, les auteurs du Nouveau Testament doivent ajouter l’adjectif ‘nouveau’ ou ‘vieux’ (voyez, à titre d’exemple, Luc 5.37-39 (Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; autrement, le vin nouveau fait rompre les outres, il se répand, et les outres sont perdues; 38 mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. 9 Et personne, après avoir bu du vin vieux, ne veut du nouveau, car il dit: Le vieux est bon.) et Mtt 26.29 (Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père).

        Bien sûr, vous pouvez penser que, lorsqu’il n’y a pas d’adjectif, c’est forcément du vieux. Vous admettrez qu’il y aurait autant de raisons de dire que c’est alors forcément du nouveau !
        Il me semble que vous connaissez assez le texte saint pour permettre (si vous avez, comme je l’espère, l’humilité de remettre éventuellement en question ce que vous avez pensé jusqu’ici) de comprendre ce à quoi je vous invite.
        Repensez au texte des noces de Cana. Le mot utilisé pour ‘dire’ les miracles significatifs dans l’évangile selon Jean n’est pas dunamis = (acte de) puissance, mais sèmeion = signe.
        Le premier de ces signes n ‘a certainement pas peu de signification et je me suis plus d’une fois étonné de ce qu’on en fasse souvent une simple manifestation de communion du Christ à nos joies humaines.
        Le message central du premier chapitre de Jean est certainement 1.11. « La Parole est venue chez les siens et les siens ne l’ont pas reçue ». En réponse à cela, à quel signe est-on tenté de s’attendre ? Certainement pas, il me semble, à la multiplication des joies humaines ! Il faut bien remarquer que Jésus est monté à la fête, mais pas dans le même esprit que sa famille.
        Et la réponse qu’il fait à sa mère, même s’il est vrai qu’elle n’est pas impolie pour l’époque, n’est pas non plus très encourageante. Il faut donc chercher la signification dans le reste des Écritures et, est-ce se tromper que de remarquer que le même vocabulaire (vases remplis de vin) se trouve en Jérémie 13.12 & 13 (Tu leur diras cette parole: Ainsi parle l’Éternel, le Dieu d’Israël: Tous les vases seront remplis de vin. Et ils te diront: Ne savons-nous pas que tous les vases seront remplis de vin? Alors dis-leur: Ainsi parle l’Éternel: Voici, je remplirai tous les habitants de ce pays, Les rois qui sont assis sur le trône de David, Les sacrificateurs, les prophètes, et tous les habitants de Jérusalem, Je les remplirai d’ivresse)? Je pense que c’est là que nous avons à chercher le sens du premier signe rapporté par Jean. Jésus annonce le jugement du peuple qui ne le reçoit pas.
        Et si je me trompe, il reste que Jésus a pu changer l’eau en jus de raisin. N’oubliez pas que même le jus non fermenté produit de l’ivresse! Il en faut seulement davantage! La chose est d’ailleurs arrivée à Noé !.

        Reste ce que vous appelez l’institution de la sainte Cène. Jésus n’a rien institué ! Il n’a pas apporté une nouvelle religion, encore moins institué des rites. La sainte Cène est la pâque juive ramenée à sa plus simple expression : du pain et une seule coupe (si je ne me trompe, il y en avait 7). La dernière fois que Jésus a pris ce repas de la pâque avec ses apôtres, il leur en a exposé la signification. Elle n’était pas seulement le rappel de la sortie de l’esclavage hors d’Egypte, mais la prophétie en image, le type, de son œuvre de rédemption : agneau divin donnant son corps et versant son sang pour eux. Ce qu’il leur a dit, c’est que, lorsqu’il répéteraient ce repas, c’est en souvenir de Lui qu’ils devraient le faire..
        Or, que mangeaient et buvaient les Juifs lors de la Pâque ? Peut-être l’ignorez-vous… ils mangeaient du pain azime et buvaient du fruit de la vigne non fermenté*. Sur les bouteilles du jus de raisin destiné à la pâque, en Israël, vous trouverez d’ailleurs la mention en anglais. « Kasher for passover ». Aucun des évangélistes ne parle d’ailleurs de vin, mais de la « coupe » (Luc seul en mentionne deux partages). Le mot ‘vin’ n’est pas utilisé. Et Jésus seul l’appelle ‘fruit de la vigne » en spécifiant qu’il n’en boirait plus jusque dans le royaume (j’ai rappelé ce passage précédemment).

        De fait, un nombre important de communautés pratiquent maintenant la Cène avec du jus de raisin par souci de ne pas exposer d’anciennes victimes de l’alcool à y retomber. C’est sage. Et c’est plus conforme à la Pâque juive dont la Cène est le reliquat. D’autres ont deux coupes différentes. (Pourquoi ne pas compliquer lorsque l’on peut faire simple !?)
        N’est-il pas juste d’inviter à dépasser les choses matérielles pour viser un culte totalement spirituel ?

        Je suis reconnaissant pour ce que les réformateurs nous ont apporté, mais les citer comme on le ferait de la Bible est dévaluer celle-ci ! Non, la Bible ne dit pas que la coupe du Seigneur était une coupe de vin au sens du mot français !

        Ceci dit, je ne suis pas abstinent. Lorsque des personnes peu connues me servent du vin, j’en accepte un peu pour ne pas les peiner par un refus. Mais pourquoi en boirais-je quand je sais qu’il se trouve plus d’avantages pour la santé à ne pas en boire qu’à en consommer ?

        * Dans la Bible, la fermentation est toujours le symbole du mal. C’est pour cela que Lévitique 2.11 dit : Quelque oblation que vous offriez à l’Eternel, qu’elle ne soit pas fermentée. (Je le cite selon la version du rabbinat qui est plus fiable quand il s’agit de règles judaïques)

  3. Peterson Benjamin a dit:

    Merci beaucoup prof. Doulière. Je suis vraiment édifié par vos réponses. J’ai mentionné Pasteur, Justement pour une question d’éthique.
    Matthew m’a vraiment secoué, puisque la toiture de ma maison était emportée par le vent, j’ai perdu aussi tous mes matériels scolaires. Jusqu’à présent je m’abrite chez un ami. Qui plus est, mes parents ont tout perdus. Dans tout ça, nous remercions Dieu pour le souffle de vie qu’Il nous accorde jusqu’à présent.

  4. Peterson Benjamin a dit:

    Salut Pasteur Doulière!
    Comment pourrait-on interpréter le terme  »pieux mensonge » au regard de la Bible? Par exemple, dans le cas de Rahab.

    • Comment interpréter l’expression ‘pieux mensonge’ ? … comme un paradoxe. Ce qui est pieux ne peut être mensonger ; et ce qui est mensonger ne peut être pieux.
      Je suis bien conscient qu’il y a des circonstances où nous croyons préférable de ne pas dire la vérité. C’est le cas, par exemple, d’un médecin qui hésite à dire à son patient qu’il est condamné à brève échéance. Surtout s’il pense que le savoir précipitera l’issue.
      Pourtant, je pense qu’il n »‘y a jamais de bonne raison de mentir ! Même dans des cas comme celui-là.
      Rahab avait foi dans le Dieu des Juifs. Mais elle n’avait pas la connaissance que nous avons de la capacité de Dieu à la délivrer des conséquences d’avoir accueilli des espions. Elle n’avait pas non plus le sens moral qui découle de la loi de Moïse. Alors, ne lui jetons pas trop vite la pierre.
      Cependant, ce qu’admire Jacques chez elle, dans son son épître, ce n’est pas qu’elle ait trahi son pays en sauvant la vie des espions (trahir son pays n’est pas une bonne action !) : pas davantage le fait qu’elle ait menti pour assurer leur sauvegarde et ne pas être inquiétée. Ce que le frère du Seigneur met en avant, c’est le fait que sa foi ne soit pas demeurée une simple déclaration, mais qu’elle se soit traduite par la prise de risque que représentait, à coup sûr le fait de sauver des hommes appartenant au peuple de ce Dieu. Dans le même passage de Jacques 2, l’exemple d’Abraham est comparable. Sacrifier son fils n’était vraiment pas une bonne action, mais le geste montrait à quel point sa foi était réelle, en ce qu’elle prouve qu’il croyait Dieu capable de lui rendre son fils par une sorte de résurrection.

  5. Peterson Benjamin a dit:

    Salut professeur Douliere!
    Pourquoi Dieu permet-
    Il les catastrophes naturelles?

  6. Merci, frère, de votre question. Il est certain que la violence des catastrophes naturelles nous conduit parfois à nous poser cette question: Lui qui est amour, qui aime les hommes de tout son être, pourquoi ne les préserve-t-Il pas de ces drames ?

    Mais peut-être faudrait-il poser la question autrement.
    Que fait l’homme de la planète que Dieu lui a prêtée avec la responsabilité de la gérer ? Comment en prend-il soin ?
    Je sais bien que tous les cataclysmes n’ont pas l’homme pour cause. Mais voyez combien il est déjà difficile de les rendre conscients de leur part de responsabilité !
    L’argent a plus d’importance aux yeux des producteurs que le respect des richesses naturelles, que le partage équitable de ces richesses (partage, par exemple, avec les pays les plus pauvres pour qu’ils puissent prévoir des habitations capables de résister aux cyclones).
    En fait, l’homme veut vivre pour lui-même, sans se préoccuper le moins du monde du Créateur; il pille et saccage la création qui lui a été prêtée, mais quand il provoque les catastrophes, il veut que Dieu soit là pour les en garantir !
    Je citerai un exemple qui vous touche de près. Les pluies torrentielles en Haïti, font beaucoup de dégâts et de victimes. Êtes-vous conscient du fait que la cause première en est le déboisement? Dieu, au commencement vous avait donné une île entièrement boisée capable de retenir les pluies et même de freiner de forts vents. Les Haïtiens en ont fait un caillou où il n’y a plus les racines capables de retenir les eaux pour les empêcher de se transformer en torrents dévastateurs. Et toute la terre fertile suit ces torrents vers la mer…
    Plutôt que de respecter la nature et y construire de manière à tenir compte des variations climatiques, l’homme n’en fait qu’à sa tête et accuse Dieu des conséquences inévitables qui en découlent.
    Je connais les excuses. Et je crois les comprendre. Mais il est temps de se souvenir que ce n’est pas Dieu qui est à notre service, mais que c’est notre rôle de le servir et de commencer par le craindre, le respecter et lui obéir.

    J’ai une deuxième réponse à donner à ce « Pourquoi Dieu permet-il ? »
    Celle-ci : Sa patience a des limites. L’homme lui a tourné le dos, n’a voulu en faire qu’à sa tête. L’homme l’a méprisé, ne cesse de détruire sa création et ses créatures. Voilà des millénaires que ça dure. Et bien, le moment vient et est même probablement venu, ou les catastrophes naturelles prendront les dimensions que l’Apocalypse a annoncées.Le Christ est près de revenir (attendu de ses vrais enfants) mais aussi… pour ceux qui le méprisent, le temps du jugement. Et, pour autant que je comprenne correctement la prophétie, les cataclysmes le précèdent.
    Je vous reporte, bien sûr aux avertissements de Jésus en Matthieu 24 et Luc 21, et attire votre attention sur un détail d’Apocalypse 11.17 et 18. Jean, dans cette vision voit 24 vieillards (image spirituelle) disant au Christ : « Nous te rendons grâces, Seigneur Dieu tout-puissant, qui es et qui étais, de ce que tu as saisi ta grande puissance et pris possession de ton règne. Les nations se sont irritées; et ta colère est venue, et le temps est venu de juger les morts, de récompenser tes serviteurs les prophètes, les saints et ceux qui craignent ton nom, les petits et les grands , (notez bien 🙂 et de détruire ceux qui détruisent la terre. »

  7. robert watré a dit:

    Bonjour Richard Douilere
    Peut-on demander l’onction d’huile pour un enfant de 8 ans qui souffre d’un taux élevé de diabète que la médecine m’arrive pas a stabiliser l’enfant lui même le demandant

    • Chers Amis, merci de votre question. Bien sûr que vous pouvez le faire. Il s’agissait, il est vrai, d’une démarche juive, mais peu importe, si l’enfant le demande manifestant ainsi sa foi dans le pouvoir du Seigneur, la démarche prend tout son sens. Il serait bon, cependant, dans la prière, de ne pas oublier que la guérison est soumise à la volonté du Seigneur. Et que l’enfant le sache. Je demande à Dieu d’y répondre selon sa tendresse.
      Pensées fraternelles.

      • robert watré a dit:

        Merci. Nous sommes d’accord, mais certains anciens ne sont pas tout à fait d’accord. Encore merci et que Dieu vous garde.

  8. Je me permets de vous poser une question suite à une étude sur l’épître aux Romains:
    Dans le Chapitre 4 Paul parle de la justification (de tous?) … Et à partir du verset 13 il va aborder les promesses en se basant sur celles faites à Abraham dans Genèse 15 où il est question de promesses d’une descendance et d’une terre (bien délimitée: «depuis le fleuve d’Égypte jusqu’au grand fleuve, au fleuve d’ Euphrate.»v. 18)
    Auparavant au chapitre 12 de la Genèse Dieu Promet aussi une bénédiction pour toutes les familles de la terre, «en toi» … Cette promesse me paraissait plus convenir à la pensée de Paul dans ce chapitre 4 de Romain.
    Mais lors de cette étude je me suis rendu compte que Paul ne parle pas de la même chose: au verset 13 il dit que l’héritage du monde a été promis à Abraham…. Il ne s’agit donc plus d’une terre délimitée mais le monde… Et beaucoup pense qu’il ne s’agit plus d’une promesse pour Israël uniquement , mais pour tous, pour ceux qui ont la même foi qu’Abraham…
    On m’a émis l’hypothèse que Dieu maintient ses promesses, mais qu’il donne bien plus: le Monde. Et que la promesse reste effective pour Israël mais elle le devient aussi pour d’autres… parce qu’il a plût au Seigneur de donner bien plus… (Ce qui me fait penser à la parabole des ouvriers de la dernière heure. )
    L’exemple m’a été donné aussi pour le temple: Dieu, par Ézéchiel, a promis un temple, mais par Jésus un temple plus grand est accordé (Jean 4)… ce qui rend l’attente du temple d’Ézéchiel plus d’actualité…
    «Dieu a promis, mais donne bien plus»
    En vous écrivant je pense aussi à l’épître aux Hébreux où l’auteur parle à plusieurs reprises de remplacement de choses établis par de plus grandes… Notamment par Jésus. Je lis dans Hébreux 8,6: « Il a obtenu un ministère d’autant supérieur qu’il est le médiateur d’une alliance plus excellente, qui a été établie sur de meilleures promesses.»
    Comment donc pouvons nous comprendre Romain 4 ?
    Comment regarder les promesses et les choses établies dans l’ancien testament?
    Merci pour votre site et votre investissement.
    Amitié.

    • REPONSE
      Merci de ta question. Et bravo de la manière dont tu lis les textes avec le souci de les comprendre au mieux.

      Effectivement, il y a progression dans les promesses. Dans le Nouveau Testament, cela apparaît dans le fait qu’il y a des promesses terrestres (la restauration de la royauté davidique, la possession du pays, celle de « la porte des nations et la bénédictions des nations), mais il y a aussi une vocation (appel) céleste qui concerne la Jérusalem céleste et une vocation surcéleste (à la droite même de Dieu en Christ).
      La question qui se pose est de savoir si elle concerne les mêmes personnes et le même moment de l’histoire.
      On t’a dit que Dieu ne supprime pas mais donne plus. Qu’il ne supprime pas devrait me consoler, mais, dans les faits, on fait bien comme si la seconde chassait la première.
      Si l’on accepte que le temple d’Ezéchiel existera effectivement mais que nous sommes en droit de viser plus grand encore, un temple de nature spirituelle (notre propre corps habité par l’Esprit) de telle sorte que c’est de façon véritablement spirituelle que nous adorons, c’est parfait. Mais ce que l’on dit aujourd’hui, c’est plutôt qu’il faut spiritualiser cette prophétie, donc ne rien attendre de géographiquement réel
      Apparemment, je vais donc répondre à côté. Mais cela ne me paraît pas inutile Je réponds en effet à ceux qui gomment ce qui concerne Israël et les promesses terrestres en les spiritualisant.
      En quelques mots, je dirai que si Dieu, quand il fait aussi des promesses plus grandes, supprimait les précédentes, il faudrait gommer beaucoup de choses. Je prendrai un exemple : Le livre de l’Apocalypse annonce un règne messianique où les vainqueurs règneront avec le Christ. Mais, au chapitre suivant, il est question de la nouvelle Jérusalem et d’une terre nouvelle. Or, le règne messianique introduit la dernière révolte de l’humanité qui introduit le jugement qui, par la disparition de la terre et des cieux actuels, doit faire donc place aux nouveaux cieux et à la nouvelle terre. Cette suite d’événements n’a aucun sens si la promesse meilleure supprime la moins glorieuse ! Cela donnerait raison aux amillénaristes mais rendrait les trois derniers chapitres d’Apocalypse insignifiants voire incohérents ! Et il y a plus encore : Que Dieu soit un jour tout en tous est certainement plus glorieux que de vivre sur une terre nouvelle où il faut encore les feuilles d’un arbre de vie pour guérir les nations (Ap 22.3) et où il y a encore une différence entre les 12 tribus d’Israël dont les noms sont écrits sur les portes de la nouvelle Jérusalem (21.12)… et les nations du verset 24 avec leurs rois y apportant leur gloire et leur honneur (versets 24 et 26). Bien sûr on dira qu’il faut spiritualiser tout cela. Mais personne ne m’a jamais expliqué comment on spiritualise les nations d’Apocalypse 2.26 et 27, de 21.22 et 26, ni de 22.3. Or, aucun commentateur ne nie l’existence des nouveaux cieux et terre… La plupart y voient même l’équivalent de l’éternité !
      Un autre exemple. Zacharie 9.9. Même selon les amillénaristes, ce texte annonce deux apparitions du Messie, l’une en humilité, l’autre en gloire. Je rappelle le verset : Voici ton roi vient à toi ; il est juste et victorieux, il est humble et monté sur un âne, sur un âne, le petit d’une ânesse. »
      Si le plus glorieux, (la promesse la meilleure) supprime l’autre, alors le Seigneur n’est jamais venu en humiliation.
      Oui, il faut faire une différence dans la Genèse, entre les promesses du chapitre 12, celles des chapitres 15, 18 et 22 ! Est-ce que les meilleures suppriment les précédentes moins bonnes ?
      En Ge 12 il est question de faire de la postérité d’Abraham une grande nation et un objet de bénédiction pour toutes les nations de la terre. Or, au chapitre 13, il n’est plus question que d’un pays. Est-ce que cela serait plus glorieux et supprimerait la promesse du chapitre 12 ?
      Non. Voilà qu’elle est reprise au chapitre 15 avec des frontières précisées. Laquelle supprime l’autre ? Au chapitre 18, il n’est plus question que d’une promesse de bénédiction pour toutes les nations de la terre. Qu’est-ce qui supprime quoi ? Et au chapitre 22, l’envoyé de Dieu jure solennellement que la postérité d’Abraham possédera la porte de ses ennemis (ce qui parle de victoire sur eux) et que toutes les nations seront bénies en Abraham.
      Absolument rien ne permet de prétendre qu’une promesse meilleure (à nos yeux) en supprime d’autres moins valables ou glorieuses ou spirituelles (à nos yeux). Cela arrangerait bien ceux qui veulent oublier les derniers chapitres d’Ezéchiel ou Apocalypse 20 ! Mais toute la Bible s’y oppose. Les exemples foisonnent et je ne sais lequel choisir.
      L’apôtre Paul au chapitre 8 des Romains parle de la création qui attend l’affranchissement de la servitude de la corruption et souffre les douleurs de l’enfantement. De deux choses, l’une. Ou bien il pense au renouvellement de toutes choses promis aux juifs par Pierre (Actes 3.19-21) comme résultat de leur conversion, ou bien il pense à la manière dont cette terre doit enfanter la nouvelle (mais en disparaissant) ce qui est probable à mes yeux puisque cela correspond à la manifestation des fils de Dieu dont la vocation est la nouvelle Jérusalem.
      Or, bien avant l’épître aux Romains qui promet aussi la conversion d’Israël, voici qu’il annonce, au chapitre 15 de la première aux Corinthiens, le temps où le Christ doit régner pour mettre tous ses ennemis sous ses pieds et vaincre la mort comme le dernier de ceux-ci. C’est alors seulement, donc nettement après) qu’il remettra le royaume à Dieu son Père. Certains me diront que c’est maintenant que le Christ règne et que c’est maintenant que Satan est lié et jeté dans l’abîme. Que mes amis amillénaristes qui croient cela me pardonnent, mais personne ne peut sérieusement croire cela sans être aveuglé par ses a priori !
      Donc, Paul aurait parlé du moins bon en même temps que du meilleur pour ne parler qu’ensuite du moindre !
      Mais surtout, cela signifierait que Jésus s’est lourdement trompé lorsqu’il a déclaré que rien de la loi ne passera tant que subsisteront le ciel et la terre (Mtt 5.18).
      Tu as très justement remarqué que Paul cite Abraham comme ayant eu le monde pour promesse et non le pays seulement. Cela correspond à ce que l’on apprend en Hébreux 11, à savoir qu’au-delà de la promesse d’hériter le pays, il a attendu la cité dont Dieu est l’architecte et le constructeur, c’est-à-dire la Jérusalem céleste (le verset 9 mentionne la terre promise tout en signalant (versets 10.13-16) qu’il avait eu aussi la révélation (Est-ce plus tard ?) d’une cité céleste (11.10, 13-15). Les deux ne s’excluent donc pas.

      Que penser de Romains 4 ? Paul y parle principalement du fait qu’Abraham n’a pas été justifié par des œuvres mais seulement en réponse à la foi.. Il cite aussi l’exemple de David. Mais de quelle justification parle-t-il ? Elle est précisée dans le grec. Il s’agit de la foi ‘considérée comme justice’ et non de la totale justification. Le verset 5 dit que c’est sa foi qui lui fut comptée comme telle (gr. <logiszomaï eis). Sans le eis, logizomaï, signifierait prise en compte comme un dû. Le dernier verset du chapitre introduit la manière dont l’œuvre du Christ, en particulier sa mort (ch. 5) par grâce, rend possible notre propre mort par l’identification à la sienne, mort qui nous justifie. Sa résurrection (4.25) en était la promesse.
      En second lieu, Paul avait démontré que cette imputation de la foi comme justice est aussi étendue aux païens puisque indépendante des œuvres et fruit de la foi seule, comme pour Abraham (c’est pour tous sans distinction, mais seulement pour quiconque croit.)
      Et c’est au verset 13 que la démonstration va plus loin et montre que le fruit de la justification que représente l’héritage du monde est aussi un fruit de la foi, d’où la démonstration qui suit pour définir en quelque sorte ce que fut la foi d’Abraham.

      Attendre le meilleur nous dispense-t-il d’attendre quelque chose de moindre ? Lorsqu’un chrétien prononce le notre Père, en disant ‘Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre’… il réclame l’accomplissement de promesses faites d’abord à Israël. Ce règne, avons-nous tort de l’attendre ? Nous aurions tort de nous y restreindre, mais nous avons raison de soupirer après le moment où notre Seigneur verra enfin tout genoux plier devant Lui ! Ce n’est qu’une étape du salut promis. Mais on ne peut attendre la dernière et oublier ce qui la précède.

      Voilà, bien cher Jonathan, une réponse plus longue que prévue. Relance-moi si je n’ai pas été assez clair !

      • Jonathan a dit:

        Merci pour votre réponse, et pour la richesse qu’elle contient.
        Il m’a fallu un peu de temps pour analyser chacun des points que vous abordez, et c’est un vrai travail… et ce travail n’est pas encore terminé, parce que le sujet est vaste et demande beaucoup de temps et une étude minutieuse!

        Je dois aussi à vous dire que votre réponse n’est pas complètement visible sur votre site, j’ai seulement pu la lire par le mail qui m’informait que vous m’aviez répondu.

        Je me rends compte qu’une réponse à une question, en suscite souvent d’autres…
        Et je vous avoue que la chronologie biblique reste encore un mystère pour moi et qu’il m’est difficile de situer telle ou telle promesse.

        Je me suis tout d’abord penché sur le temple d’Ézéchiel: Comment le percevoir? Si nous ne le spiritualisons pas d’après Jean 4 et que nous additionnons les deux promesses, que peut-il représenter? Sachant que Apocalypse 21,22 nous dit que, dans la nouvelle Jérusalem, il n’y aura pas de temple dans la ville, car le seigneur Dieu tout-puissant est son temple. Peut-il s’agir du temple présent dans le millénium? Il est vrai que Paul parle d’un temple en thessaloniciens 2,4 disant que l’adversaire va s’y asseoir. S’agit-il de ce même temple dont Ézéchiel parle? Peut-il s’agir de celui construit après le retour de captivité pendant la période d’Esdras? D’où les sacrifice mentionnés.
        Dans Ézéchiel 45,22 il est question du prince qui offre des sacrifices d’expiation pour lui et pour le peuple… Qui est ce prince? Peut-il s’agir de Jésus? Et après Jésus, qui peut offrir des sacrifices pour «le peuple»? Pourquoi devrait-il en offrir pour lui?

        Pour ce qui est d’Abraham, merci pour votre éclairage… En observant toutes les promesses faites, je me suis rendu compte que Genèse 22 réunit l’ensemble des promesses, ce qui élimine l’idée que des promesses antérieures puissent être supprimées par les dernières…

        Le dernier point qui m’a interpellé est le fait qu’Abraham attende une cité céleste d’après Hébreux 11. Mais qu’en est-il de la terrestre? Le verset 13 dit qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises. Et le verset 16 dit qu’ils en désirent une meilleure, c’est à dire une céleste… Il n’est donc plus question de la terre.

        Tous ses sujets reste encore bien compliqués. Mais comme Paul le dit: Le seigneur a voulu que nous le cherchions en tâtonnant.
        Je vous remercie pour l’aide précieuse que vous m’apportez.
        Espérant ne pas être trop confus dans mes propres réflexions. (ce n’est pas aisé pour moi).
        Amitié.

      • Cher Jonathan,
        Effectivement, j’ai pensé qu’une très longue réponse devait être présentée dans la rubrique « Questions/Réponses » plutôt qu’à la suite de l’article. Je n’y ai donc mis que le début de telle sorte que les commentaires ne soient pas trop ‘encombrés, pais que l’on sache où en savoir plus.. Je pensais avoir renvoyé à « Questions/Réponses ». Ce sera vrai aussi pour cette réponse-ci. On l’y trouvera entière.

        La chronologie Biblique

        Le premier problème à ce sujet vient du fait que nos Bibles présentent les livres selon leurs genres et non d’après l’époque où ils ont été écrits.
        Pour l’Ancien Testament, viennent d’abord les livres historiques, puis les livres poétiques, ensuite les prophètes. Or, par exemple, le livre de Job est considéré comme probablement le plus ancien (avec la Genèse) et il ne vient que comme le premier des textes ‘poétiques’.
        Le second problème vient, pour les psaumes et les Proverbes, de ce que l’on a plus ou moins groupé les textes des mêmes auteurs sans souci de l’époque de rédaction. Alors l’unique psaume de Moïse est entre ceux de David et ceux des fils d’Asaph ou de Koré… avec pas mal d’exceptions. Pour ce qui est des livres prophétiques on a mis d’abord les plus longs, puis les plus courts sans vrai ordre chronologique. Du coup, pour plusieurs, comme Jonas, impossible de les dater avec certitude.
        Ce n’est pas tellement différent pour le Nouveau Testament. On a mis en tête les évangiles, mais dans quels ordres ont-ils été écrits ? Ceux de Luc et Jean sont peut-être bien placés. Mais ce n’est pas sûr. Peut-être est-ce juste pour Matthieu et Marc. Pourtant, on croit le plus souvent Marc écrit en premier.
        Quant aux épîtres, on a mis celles de Paul en premier parce qu’elles sont les plus longues. Mais si Hébreux est également de lui (ce qui a été longtemps l’opinion, depuis les pères de l’église ; mais est maintenant parfois contesté) elle n’est pas à sa place. Parce que malgré tout mis en question. Et les autres épîtres dites pastorales sont groupées par auteur.
        Cela fait que les leçons ― souvent importantes― qui découlent du moment de leur rédaction ne sautent plus aux yeux et nécessitent le travail de théologiens qui sont loin d’être toujours d’accord.
        Quant à l’apocalypse, ne l’a-t-on pas mis là, parce qu’il concerne les fins dernières ? Mais Jean l’a-t-il écrite après ses épîtres ou avant. Peut-on le savoir ? J’en doute beaucoup !
        C’est donc souvent le seul contenu des livres qui permet de discerner la chronologie de leur rédaction.

        Que penser du temple d’Ezéchiel ?
        A cet égard, je crois qu’il nous faut commencer par dire que les derniers chapitres du livre du prophète Ézéchiel contiennent des affirmations qu’il est facile de spiritualiser, mais que pour d’autres on ne peut nier la littéralité sans faire violence à la raison. J’en citerai un seul mais qui se rapporte à l’ensemble.

        Que penser du temple d’Ezéchiel ?
        A cet égard, je crois qu’il nous faut commencer par dire que les derniers chapitres du livre du prophète Ézéchiel contiennent des affirmations qu’il est facile de spiritualiser, mais que, pour d’autres, on ne peut nier la littéralité sans faire violence à la raison. J’en citerai un seul mais qui se rapporte à l’ensemble. Tu sais sans doute que ces derniers chapitres d’Ezéchiel donnent une description minutieuse de ce qu’allait être un temple alors inexistant. Les dimensions en sont données suivies de la description des services religieux qui devront y être accomplir. Pourquoi me crois-je libre de le mettre au futur ?
        La question, en effet, est de savoir s’il dépeint un vrai temple, selon ta question, ayant existé… ou encore futur ; ou encore s’il faut au contraire y voir des images abstraites d’un temple immatériel.
        Quand Ezéchiel écrit, il a été emmené en captivité avec les personnes influentes au moins depuis une dizaine d’années environ et le temple de Salomon est déjà détruit. Celui dont il a eu la vision était donc à venir mais pourrait être celui qui fut rebâti à la fin de la captivité, au temps des Zacharie, Aggée et Zorobabel. Mais celui-là r ne correspondit que de très loin à la description qu’en fait Ezéchiel. Or, et c’est ce détail qui me semble important, Dieu (Ez 43.10, 11) donne l’ordre de se conformer dans l’exécution, à tous les dessins et ordonnances qu’il révéle au prophète. Et cela comprend tant de mesures, de détails, d’indications, qu’il est évident que le temple érigé au retour de la captivité et embelli plus tard par Hérode n’y ressembla pas. Or, il ne saurait s’agir davantage d’un temple spirituel, vu tous lesdétails. De fait, même ceux qui n’y voient pas un vrai temple n’ont même jamais tenté de donner un sens symbolique à tous les éléments de la prophétie. On est donc bien contraint d’y voir la description ou plutôt les instructions données en vue de la construction et du service d’un temple encore à venir.
        Comme tu l’as fort bien remarqué, il n’y aura pas de temple sur la nouvelle terre. Nous ne pouvons donc que le situer auparavant. Le service lévitique restauré correspond vraisemblablement au règne messianique (souvent appelé ‘millénium’ à cause d’Apocalypse 20).

        Qui est le prince mentionné par Ezéchiel ?

        Le prince dont il est question est mentionné à plusieurs reprises par les prophètes. Il s’agit de David ressuscité auquel la promesse d’un règne « éternel » [du mot ‘olam’ qui signifie le plus souvent ‘durant tout l’âge’ (à venir]. Les textes essentiels sont Esaïe 9.6 et 55.3 qui parlent de la permanence de son règne ; Jérémie 30.9 ; Osée 3.5 ; Ezéchiel 34.23, 24 ; et 37.24.
        Quand il est question du prince, dans les chapitres 40 et suivants, c’est, à mon sens, certainement de David qu’il est question. En quelque sorte, cela permet de comprendre qu’il sera régent. En effet, Jésus régnera, mais depuis les haut cieux où il sera assis avec l’église qui est son corps, à la droite de Dieu, jusqu’à ce que tous ses ennemis aient été mis sous ses pieds (Ps 110.1 ; 1 Co 15.25 ; Hé 1.13 ; ; 10.12, 13). Le texte le plus clair est 1 Co 15.23-28 qui situe cela entre la résurrection de ceux qui appartiennent au Seigneur et le moment où il remettra le royaume à son Père (en vue de la Nouvelle Création) après la destruction du dernier ennemi (la mort).
        Le prince n’est évidemment pas le Christ comme tu l’as fort bien remarqué en raison de 45.22. Il faut bien comprendre que le règne messianique n’est pas la perfection atteinte, mais la dernière chance, dans les circonstances les plus favorables : nature restaurée, paix véritable établie, tentateur rendu impuissant… donnée aux humains de se tourner vers son Créateur et de se soumettre à Lui. Mais tous ne saisiront pas cette ultime occasion et, si les méchants seront retranchés aussitôt (Ps 37.9 ; Pro 2.22) , ceux qui subsisteront pourront encore commettre des péchés involontaires qui expliquent l’offre de sacrifices. Mais, bien sûr, les dits sacrifices auront un nouveau caractère. Dans l’ancienne alliance, ils avaient un caractère prophétique ; ils annonçaient le futur sacrifice du Christ. Demain, ils auront un sens commémoratif rapporté au sacrifice seul efficace accompli une fois pour toutes en Jésus. C’est ce que notre Seigneur expliqua à ses disciples lorsqu’il prit avec eux sa dernière Pâque : « Désormais quand vous la prendrez, ce sera en mémoire de moi ».
        (Et c’est bien comme un mémorial que les chrétiens évangéliques ont continué d’en prendre les éléments, même s’il ne s’agit plus que du pain et d’une seule coupe, sans les herbes amères et l’agneau).
        Il n’y a donc aucune difficulté à comprendre que le temple sera présent à Jérusalem durant l’âge messianique à venir, d’autant que Jésus a bien enseigné (Mtt 5.17-20) que rien de la loi, pas même un iota ou un seul trait de lettre ne passera tant que cette terre et ce ciel subsiste (et ils ne passeront qu’après ce règne pour laisser place à la nouvelle terre et aux nouveaux cieux.
        Il reste juste une question mais à laquelle je n’ai pas de réponse. Le temple qui doit exister avant le retour glorieux du Seigneur et dans lequel l’antichrist ira s’asseoir se prétendant lui-même Dieu (selon 2 Thessaloniciens que tu cites, sera-t-il déjà celui d’Ezéchiel ou bien un autre détruit entre-temps ? Il y a largement l’occasion de voir ce temple souillé par l’antimessie détruit par les cataclysmes et tremblements de terre annoncés pour la seconde moitié des tribulations finales. Mais est-il impossible que ce soit le même ? Je l’ignore.

        Qu’attendaient Abraham et autres hommes de foi ?

        À cette question, il serait facile de répondre brièvement et simplement qu’il n’est pas écrit : « Ils attendaient seulement une cité céleste ». Mais ce raccourci me paraît juste pouvoir servir d’introduction à ma réponse.
        Je reprendrai en partie ce que j’avais dit précédemment. Abraham, Isaac et Jacob avaient tous été les bénéficiaires du serment de Dieu de faire d’eux une nation, de leur donner un pays et de leur postérité un moyen de bénédiction pour toutes les nations. Je pense qu’ils ont attendu cela et que si leur postérité a été une nation et a possédé un pays (même si pas dans toutes les limites promises), eux (les patriarches) n’ont pas encore possédé le pays (c’est bien ce que dit Hébreux 11). S’ils n’étaient pas dans le repos de la mort, je crois qu’ils l’attendraient encore avec raisons, car ils le posséderont une fois ressuscités !
        Mais, voilà que ce chapitre 11 de l’épître aux Hébreux nous permet de découvrir qu’au-delà de ces promesses terrestres : nation, pays, et bénédiction pour toues les nations, ils ont déjà eu la révélation de bénédictions célestes : c’est-à-dire la perspective des nouveaux cieux et de la nouvelle terre où descendra la Jérusalem céleste. Cela la Genèse ne le dit pas, l’épître aux Hébreux, oui ! Et bien allait-ils forcément oublier et cesser d’attendre les premières promesses parce qu’ils savaient qu’elles seraient suivies d’autres plus merveilleuses ?
        Oui, n’en déplaise à ceux qui veulent tout simplifier, il y a un âge à venir qui est caractérisé par des bénédictions d’ordre terrestre, c’est le rétablissement d’Israël converti et la proclamation par ce peuple de l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre, à tel point que la dite terre sera remplie de la connaissance de l’Eternel comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent (Es 11.9) ! Et comment ne pas l’attendre quand on pense à la détresse de l’humanité, et à celle de la création qui, elle, souffre les douleurs de l’enfantement en l’attendant (Rm 8.19-23) ?
        Mais l’âge de l’âge, celui qui suivra la dernière révolte est aussi une promesse de bénédictions (célestes) qui laissent encore une priorité à Israël. Les entrées de la Nouvelle Jérusalem portent les noms des douze tribus d’Israël et leurs fondements, les noms des douze tribus de la circoncision. Quant aux païens (les nations) elles y portent leur gloire et leur honneur (21.24-26) et elles ont encore besoin de guérison comme le montre le verset 2 du chapitre 22. C’est donc bien à juste titre que les patriarches attendaient cet âge, au-delà des bénédictions terrestres.
        N’hésite pas à me relancer si je n’ai pas réussi à être suffisamment clair.

  9. maussire monique a dit:

    c’est une question:Dans la prière dite « le Notre Père »,pourquoi dit-on: »Ne nous « induis » pas en tentation,au lieu de: »ne nous laisse pas succomber à la tentation »? Je suis âgée mais dans mon enfance,j’avais appris:succomber, ce qui me paraît plus approprié,car c’est notre responsabilité. Merci.

    • Chère Monique,

      J’ai eu votre question samedi, mais, par la suite, je n’ai plus eu accès internet de sorte que je n’ai pu vous répondre sur le site. Y ayant de nouveau accès, je vous mets ici ma réponse, pensant qu’elle peut être utile à d’autres.
      J’ai examiné de près les termes originaux du verset 13 de Matthieu 6 (prière dominicale). Les versions diffèrent, en effet. Et la cause en est que, Ã première vue, Dieu serait responsable de nous tenter. La version: « Ne nous induis pas en tentation » en donne au moins fortement l’impression. Or, Jacques écrit (1.13). Dieu ne tente lui-même personne.
      Il y a deux mots grecs qui sont parfois traduits ‘tenter’ ou ‘éprouver’. L’un (dokimazô´), signifie ‘mettre à l’épreuve, examiner. L’autre (peirazô´), peut aussi signifier ‘mettre à l’épreuve’ mais a, le plus souvent, le sens de tenter, chercher à séduire. Dieu peut, évidemment, nous éprouver, mais pas nous séduire.
      Or, c’est le mot ‘tentation (peirasmos) qui est utilisé en Mtt 6.13 ! C’est troublant si le verbe qui précède signifie ‘induire’.
      .Le verbe grec a un sens très large. Il est composé du verbe ‘aller’, ‘arriver’ (erchomaï) et du préfixe. ‘jusque dans’ (eis). Dans le NT, il est traduit: ‘aller’, 2 x, ‘arriver’ 5x, ‘introduire’, ‘parvenir’, ‘passer’, ‘pénétrer’, ‘présenter’ 1x chacun, ‘rendre’ 3x, ‘rentrer’ 5x, ‘revenir’ 2x, ‘tomber’ 5x, venir et vivre 1x. Mais 165 fois, il est rendu ‘entrer’. C’est donc le sens le plus évident.
      Mais doit-on lire « Ne nous fais pas entrer’ ou ‘Ne nous laisses pas entrer’ ? Grammaticalement, les deux me semblent pareillement possibles. Et, pour un sémite, les deux signifient la même chose. En effet, le sémite attribue à Dieu ce qu’Il permet aussi bien que ce qu’Il fait.
      Il me semble donc que, Dieu ne tentant lui-même personne, nous devons comprendre ainsi la prière: « Ne permets pas que nous entrions jusque dans la tentation » voire même « que nous nous laissions séduire »

      J’espère que cette analyse, quoique incomplète sans doute, vous permettra de voir un peu plus clair dans ce passage.
      Amicalement,
      Richard
      .

  10. Bonsoir,
    Lors d’une étude de l’épître aux Éphésiens, au chapitre 4 verset 11 ( » Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs. »), je trouve un commentaire expliquant que d’après 2.20 les apôtres et les prophètes ne sont plus d’actualité… Mais pour moi ça ne colle pas avec ce qui est dit aux versets suivant de notre verset :
    Paul dit du rôle de ces ministères au verset 12 que c’est « pour le perfectionnement des saints… » et au verset 13 « jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de le foi et de la pleine connaissance du fils de Dieu…  »
    Il dit pourtant si bien dans 1 Corinthiens 13.12: « Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. »
    Aujourd’hui la pleine connaissance du fils de Dieu ne nous a pas été donnée. Comment pouvons nous dire alors qu’il n’y a plus d’apôtre et de prophète, eux qui doivent être « jusqu’à ce que nous soyons TOUS parvenus à l’unité de la foi (ce qui est déjà loin d’être le cas! ) et de la pleine connaissance… »?
    Merci d’avance pour votre réponse, ainsi que pour votre site qui est une grande richesse!
    Amitié.

    • Cher Jonathan,

      J’avais commencé ce matin à répondre enfin à ta question concernant Ephésiens 4, mais le moment de partir à une rencontre prévue est arrivé de sorte que j’ai dû abandonner.
      Une fois de retour, voici que je ne parviens plus à retrouver les premiers éléments de ma réponse (après des années d’utilisation de l’ordinateur, quand il s’agit du site, je reste un débutant bien incapable !).
      Je reprends donc à zéro. Ta question est fort pertinente et ton raisonnement apparaît correct au premier abord.. Du moins, si tu as raison de penser que le chapitre 4 d’Éphésiens dit que les ministères d’apôtres et de prophètes ont été donnés à l’église jusqu’à ce que les saints aient été conduits à la perfection, le corps du Christ édifié et que tous les chrétiens soient parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu. Si c’est le cas, nous en sommes encore si loin qu’effectivement les choses auraient dû se passer autrement. Je veux dire que les apôtres n’auraient pas dû mourir s’ils sont uniques ou bien, le catholicisme a raison de croire que ces ministères sont transmissibles et qu’il existe une succession apostolique.
      Mais est-ce cela qu’écrit Paul ? Il n’écrit pas du tout que les fonctions d’apôtre ou de prophète ont été données à l’église, mais qu’il a donné, d’une part les apôtres et les prophètes, d’autre part les évangélistes, les pasteurs et enseignants. Les prophètes ont été donnés, les apôtres aussi et c’était en vue du but que tu rappelles à juste titre. Ils ne sont plus, mais n’étaient pas moins indispensables. Par contre, il y a encore des gens qui évangélisent, d’autres qui veillent sur le troupeau et lui enseigne la Parole révélée. La différence est marquée dans l’original (et je regrette qu’elle soit négligée dans nos versions) par les mots grecs « men de » . Ils signifient ‘d’une part’, ‘d’autre part’. Ce n’est pas une opposition, mais une distinction. Quelle est cette distinction ? Les uns et les autres sont au service du même projet divin. Mais les uns avaient un rôle passager. Leur but a été atteint, tandis que les autres poursuivent la tâche qui est, comme tu le signales, loin d’être accomplie.
      Avant d’en dire plus, je pense nécessaire de souligner en quoi consistent le ministère de prophète et celui d’apôtre.
      Au sens premier du terme, le prophète est celui par qui Dieu communique sa révélation. La prophétie n’est pas, comme on le croit trop souvent, le fait d’annoncer ce qui va arriver, mais le fait de parler (et écrire surtout) sous l’inspiration directe et infaillible de Dieu. Je sais que tu connais le sens littéral de Colossiens 1.25. Parlant du ministère particulier qui lui a été confié, Paul dit qu’il était de sa responsabilité de « compléter la parole de Dieu » et qu’il l’a fait ! Et tu n’as certainement pas oublié que l’Apocalypse se termine par un avertissement extrêmement sévère contre ceux qui ajouteraient ou retrancheraient quoi que ce soit aux paroles écrites.
      Au sens profond du mot ‘prophète’, il ne saurait donc y en avoir encore. .Il y a souvent eu, au cours de l’histoire du peuple chrétien, des gens pour se prétendre aptes à ajouter à ce qui est écrit. C’est le cas aujourd’hui encore avec les nouveaux prétendus apôtres du « dominationisme » cette doctrine née récemment aux Etats-Unis et qui a gagné déjà bien des communautés françaises.. Je n’aimerais pas me trouver à leur place au jour du jugement !
      Les apôtres sont de deux ordres. Les premiers sont douze et celui qui finit par trahir fut remplacé pour qu’ils restent douze. Il en est ainsi parce qu’ils sont les apôtres d’Israël et qu’Israël se compose de douze tribus. Il ne pouvait y en avoir plus ni moins. Et il leur a été fait des promesses spécifiques. La plus nette est rapportée en Matthieu 19.28 : « Quand le Fils de l’Homme, au renouvellement de toutes choses, sera assis sur le trône de sa gloire, vous qui m’avez suivi, vous serez de même assis sur douze trônes et vous jugerez les douze tribus d’Israël. »
      Il est évident que s’il y avait eu des apôtres en permanence depuis le début de l’église, il faudrait un fameux nombre de trônes pour les mettre tous et leur faire juger qui ?
      Il est vrai que plusieurs autres ont été appelés apôtres. L’un d’entre eux l’est sans contredit parce que choisi non plus pour révéler le Christ à Israël, mais pour proclamer la bonne nouvelles aux non-Juifs. Remarque cependant que, lorsqu’il se trouve contraint de défendre sa qualité d’apôtre, il dit entre autres : N’ai-je pas vu le Seigneur ? Car une des conditions nécessaires pour être regardé comme tel était même d’avoir été avec le Christ depuis le commencement ! Certains comme Barnabas ou Silas… semblent avoir été regardés comme apôtres ; ce n’est pas certain ; de plus, la Bible ne mentionne aucune condition ni promesse particulière pour d’éventuels apôtres des païens, ni pour Paul.

      Quand il s’agit du mot prophétie dans un sens plus large, comme en I Corinthiens 14.1, il s’agit du don de parler de la part de Dieu d’une manière inspirée, mais sans rapport avec l’inspiration infaillible qui fut celle des auteurs du texte sacré. Je pense qu’il existe encore des serviteurs de Dieu de ce calibre comme il existe des missionnaires partis ouvrir des portes à la connaissance de Dieu auprès de nations jusque-là négligées et que l’on peut, à ce titre, appeler apôtres de Patagonie ou des Pigmées, par exemple..Mais ce ne sont pas eux que Paul appelle apôtres ou prophètes en Ephésiens 4 . Ils sont , par contre, au nombre des suivants : proclamateurs de l’Evangile, pasteurs et docteurs.

      Je n’allonge pas. N’hésite pas à me relancer si des choses ne te semblent pas claires.

      • Merci pour votre réponse, qui m’a bien éclairé. Je me rends compte qu’il m’est toujours difficile d’avoir tous les éléments pour comprendre les textes… Il me manquait « men de »… Ce d’une part/ d’autre part est, je le comprends, essentiel pour discerner le sens d’Éphésiens 4.11… Merci aussi pour le rappel du rôle de l’apôtre qui me semble important.

  11. Evald Elysée a dit:

    Bonsoir Pasteur
    Comment pourrait-on interpréter ce verser tiré du livre de Romains 6 : 11
    Surtout « Regardez vous comme mort au péché » pratiquement parlant ?

    • Je trouve seulement votre question et ne veux pas tarder à y répondre. Romains 6.11 est comme une conclusion à tout ce qui précède mais est expliqué par ce qui suit aussitôt dans les versets 12 à 14. Littéralement, Paul écrit, non pas ‘faites comme si vous étiez morts au péché’, mais : tenez compte du fait que, vous qui avez été immergés jusque dans le Christ Jésus (verset 3), c’est dans sa mort que vous avez été immergés. Dès lors, votre vieil homme a été crucifié (verset 6) de sorte qu’il ne peut plus vous donner des ordres. Vous n’êtes plus du tout obligés de lui obéir « car le péché n’a plus de pouvoir sur vous puisque vous n’êtes plus sous la loi (plus soumis à la condamnation qu’elle prononce sur le pécheur), mais sous [le régime de] la grâce (verset 14). La loi réclamait la mort du coupable (v. 23). En mourant en Jésus-Christ, en d’autres mots : en vous identifiant à Lui dans la mort, vous avez satisfait à l’exigence de la loi et de la Justice.
      Et elle ne peut plus rien exiger de vous.
      Mais ce n’est pas pour profiter de la grâce et continuer à vivre dans le péché (v.1), c’est pour vivre maintenant pour Dieu.
      Le verbe grec ‘logizomaï’, que Segond traduit par ‘regardez-vous comme’, quand il est suivi de la préposition ‘eis’ signifie effectivement ‘regardez-vous’ ou ‘considérez-vous comme’. Mais quand il est utilisé seul (c’est le cas au verset 11), il signifie ‘prendre en compte’ ou ‘tenir compte de’. Ici, du fait que vous êtes morts au péché et vivants pour Dieu.
      J’espère que ma réponse est assez claire et, surtout, que Dieu vous aidera à vivre cette exhortation.
      Fraternellement

  12. Bonjour Pasteur Doulière,
    J’ai beaucoup apprécié l’étude que vous avez faite chez nous sur Ephésiens chapitre deux.
    Vous y avez brièvement parlé de l’élection. J’ai lu plusieurs passages de la Bible en traitant, mais c’est toujours l’un des sujets les plus déroutants pour moi. Que croyez-vous que la Bible enseigne à ce sujet ? Merci de nous avoir consacré de votre temps et de votre énergie cet été.
    Très sincèrement,
    A. P-P, Port-au-Prince

    AU SUJET DE L’ELECTION

    De fait, la question de l’élection ne se trouve pas traitée dans le chapitre deux de l’épître aux Ephésiens, mais elle est mentionnée au premier chapitre, verset 4. Mon projet était de vous rendre attentifs au fait qu’il importe de prêter attention aux pronoms personnels. De façon habituelle, on commente ce long paragraphe (1.3-14) en l’appliquant aux chrétiens sans tenir compte du fait que le ‘nous’ désigne les Juifs, ceux qui ont d’avance espéré en Christ (v. 12), et qui sont, au verset 13, opposés aux païens, les ‘vous aussi’ qui ont cru après avoir entendu la parole de la vérité, l’Evangile de leur salut. Les élus du verset 4 sont donc les Juifs. Ce sont eux qui sont également prédestinés… à quoi ? à croire ? La réponse est aux versets 6 et 12… ils sont prédestinés à servir à la louange de la gloire de la grâce de Dieu.
    Election et prédestination sont souvent confondus, comme s’ils représentaient une même démarche divine. Mais ce n’est pas la même chose.
    L’élection, c’est le choix souverain de Dieu. Il choisit qui il veut et ce n’est pas en rapport avec le salut. Le peuple juif est le peuple élu, choisi par Dieu non pour être sauvé, mais pour devenir le moyen du salut des païens qui croiraient. Cet objectif de leur élection ne sera atteint que lorsqu’il se convertira. Pour le peuple juif, élection et prédestination se confondent donc en ce qu’il est choisi pour… et destiné à l’avance à servir à la louange de Dieu.
    La question est dès lors de savoir s’il y a d’autres élus, d’autres destinés à l’avance… qui et à quoi ?
    Pour la prédestination, on a vite fait le tour, car il y a peu de textes.
    En 1 Pierre 1.30, il s’agit du Christ prédestiné à racheter par son sang (v. 19) de leur vaine manière de vivre (v. 18) ceux auxquels Pierre écrit (1.1 = les Juifs dispersés, élus selon la prescience de Dieu).
    En 1 Corinthiens 2.7, c’est encore Lui nommée la sagesse de Dieu (comme en Proverbe 8)
    En Actes 22.14, il s’agit de Paul destiné à rencontrer le Christ pou devenir son témoin devant tous les hommes.
    Reste Romains 8.29, 30. Ici, il s’agit bien de tous ceux qui aiment Dieu et qui ont été appelés parce que connus d’avance. Ils ne sont pas prédestinés à croire, mais à être semblables à l’image de son Fils. [En Romains, c’est encore d’abord le Juif, mais aussi le païen (1.16)].

    C’est un peu plus compliqué en ce qui concerne l’élection.
    Dans l’Ancien Testament, l’adjectif ‘élu’ est employé 15 fois dans nos traductions ; mais c’est l’hébreu bachir ou bachar qui est aussi traduit ‘choisir’ près de 200 fois. Il désigne deux fois Jacob (Psaume 135.4 ; Esaïe 41.8) ; une fois Moïse (Psaume 106.23), une fois Aaron (Ps 105.26) ; deux fois Betsaleel (Exode 31.2 et 35.30), ainsi que les sacrificateurs (Deutéronome 8.5) deux fois Saül (2 Samuel 10.24 ;21.6) ; six fois David (1 Samuel 13.14 ; 2 Samuel 6.21 ; 1 Rois 8.16 ; 11.34 ; 1 Chroniques 28..4) ; quatre fois Salomon (1 Chroniques 28.5, 6, 10 et 29.1) ; une fois Zorobabel (Aggée 2 .23), et deux fois le Christ (Ps 89.4 ; Esaïe 42.1). Dans les dix-sept autres usages au moins, il désigne la nation d’Israël.

    Dans le Nouveau testament, le mot élu ou les verbes chosir et élire (même verbe grec) se rapportent 4 fois à Jésus (Luc 9.35 ; 23.35 : 1 Pi 2.4, 6), une fois à Paul (Actes 9.15), une fois à Rufus (Rm 16.13), à Kyria (2 Jean 1), et à sa sœur (2 Jn 13).Pour ces trois derniers, on ne sait absolument pas à quoi correspond leur élection.

    Dans les évangiles, à une exception près (Luc 18.7), il n’apparaît qu’en Matthieu (évangile dont on sait qu’il s’adresse spécialement aux Juifs) et dans trois textes parallèles de Marc, où il désigne vraisemblablement les Juifs convertis de la fin des temps.
    Dans les épîtres, il se trouve six fois : en 1 Pi 1.2 et 5.13. Outre qu’elle est adressée aux Juifs dispersés, 2.9 spécifie bien qu’il s’agit de la race, d’une nation, deux appellations qui ne sauraient être appliquées à l’église. L’usage du mot élection en 2 Pierre 1.10 est moins probant.
    En Romains 8.33, le contexte ne permet pas de trancher non plus. Il pourrait désigner tous les croyants. Mais le fait que Paul utilise quatre fois le mot élection pour désigner le résidu fidèle d’Israël (9.11 ; 11.5, 7 & 28) me semble faire pencher la balance dans ce sens aussi en 8.33.
    Il reste à nous interroger sur trois références qui sont dans des lettres de Paul écrites toutes après son emprisonnement à Rome, donc après la révélation en Ephésiens et Colossiens, du mystère de l’église qui est le corps du Christ.. C’est Colossiens 3.12 ; 2 Timothée 2.10 et Tite 1.1.
    Il est évident qu’en Colossiens, Paul s’adresse à des païens ou Juifs, sans distinction, mais qu’il « dit ressuscités avec le Christ » et dont la vie est « cachée avec le Christ en Dieu » (3.1, 3). Ce sont eux qu’il exhorte, les nommant ‘saint et bien-aimés’, à se revêtir d’entrailles de miséricorde, etc. En 2 Timothée 2.10, Paul pourrait bien faire allusion à son peuple, comme en Romains 9.3. Mais la mention du verset 11 : si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec Lui, rappelle en partie Col. 3. On ne peut rien tirer de Tite 1.1 qui semble désigner tous les destinataires du ministère d’apostolat de Paul qui était de révéler le mystère de l’église qui est le corps du Christ.
    On peut juste se demander si cette église est- lue parce que partageant l’élection du Christ puisque, en tant que son corps, ne pouvant être séparée de la tête … ou bien, si cette église fait-elle l’objet d’une élection particulière comme cela semble être le cas du résidu fidèle d’Israël. Je ne peux trancher.

    Un dernier texte est celui d’Apocalypse 17.14 : … l’agneau les vaincra, parce qu’il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, et les appelés, les élus et les fidèles qui sont avec lui les vaincront aussi. Ce texte établit une différence entre les élus et les appelés (ceux-ci sont peut-être les croyants non juifs). Mais à quelle catégorie de croyants se rapporte la mention des fidèles, je ne sais pas.

    Je voudrais pouvoir conclure de façon sûre, mais ce ne serait pas sage. Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est que l’élection est toujours en vue d’une tâche particulière : Jacob, père de la nation, les sacrificateurs, Moïse, Aaron, Betsaleel, Saül, David, Salomon, Zorobabel, Paul et Jésus plus que tout autre, tous ont joué un rôle pour lequel ils avaient été choisis. À ces exceptions près, la mention d’élection se rapporte à Israël et, dans le Nouveau Testament, plus spécialement au résidu fidèle d’Israël. Lui aussi a été choisi en vue d’une tâche unique : être un peuple de témoins de l’Eternel (Es. 43.10 ; 44.8).

    En conclusion, je peux dire que quand l’élu est spécifié, il est évident qu’il s’agit de quelqu’un qui a été choisi en vue d’une tâche particulière, et non pour être sauvé. L’élection n’a rien à voir avec le salut.

  13. Bonjour monsieur Doulière

    La question que je vous pose concerne la sainte cène que nous prenons tous les dimanches.
    1 corinthiens 11 dit que celui qui mange et boit indignement est coupable envers le corps et le sang de Christ. Il faut donc s’examiner soi même.
    Comment donc faire pour être digne de ce pain et ce vin ?

    Merci.

    • Chère Soeur en Christ, merci de votre question.
      Pour bien comprendre ce qui est attendu de nous, il faut se rappeler que Paul, aux Corinthiens, écrivait à une église encore judéo-chrétienne. Pendant tout un temps, cette église du début des Actes, a continué à pratiquer très fidèlement les fêtes juives, dont la Pâque, en très bonne place.
      Mais jusqu’à ce que le Christ, la prenant avec ses apôtres, une dernière fois avant d’être crucifié, leur en ait dévoilé tout le sens, les Juifs y reconnaissaient avant tout le rappel de la délivrance hors d’Egypte. Jésus leur a alors dévoilé un aspect jusque-là méconnu: le fait que l’Agneau pascal était l’image de sa personne, le pain azyme, celui de son corps sans péché qui allait être immolé, et le fruit de la vigne, le symbole de son sang qui devait être répandu. Ils les invitait à reconnaître désormais cette symbolique annonçant la nouvelle alliance que, selon Jérémie 31.31-34, il inaugurait avec son peuple par sa mort. Désormais, c’est de sa mort que la pâque devait devenir l’occasion de ce souvenir.
      De la fête de Pâque, l’église, surtout lorsqu’elle se détacha du judaïsme, a abandonné le repas (vu les circonstances et le fait qu’on voulait prendre la pâque fréquemment) ainsi que beaucoup d’éléments tout aussi symboliques pour ne retenir que ces deux derniers symboles. Elle les a intégrés dans son rituel. Mais on ne peut légitimement leur donner que le sens que Jésus en a révélé.
      A l’époque où Paul écrit, le danger était de continuer à pratiquer la Pâque, mais sans y reconnaître la signification révélée par le Seigneur. La prendre ainsi sans y discerner l’image du corps et du sang du Christ, donc sans voir en eux le Messie ainsi prophétisé depuis des siècles, c’était les prendre indignement et se condamner soi-même puisque montrant par là que l’on n’avait aucune excuse de refuser de croire vu l’accomplissement qui avait suivi directement l’enseignement.
      Il ne serait pas juste de croire que le fait de se souvenir du sacrifice de notre Seigneur pour le pardon de nos péchés soit réservé à des personnes entièrement sanctifiées et qui, par là, le mériteraient. Ni d’ailleurs que les symboles en question y soient indispensables. Pour les catholiques, la Cène est un sacrement donc une chose particulièrement sainte. Pour un chrétien biblique, ce qui est important, ce n’est pas le rite, mais le fait de se souvenir de l’essentiel et d’en rendre grâces. Et c’est une grâce de le pouvoir. Une grâce ne se mérite pas !
      Mais bien sûr, la démarche est aussi un signe de communion entre frères et soeurs (on participe aux même symboles de la Pâque). Cela suppose que nous ne la faisons dignement que si rien ne nous sépare des dits frères et soeurs. Dans ce sens, il importe que nous nous posions la question: suis-je en communion réelle avec ceux de mon église qui prendront le pain et boiront à la coupe ? Si je ne puis répondre un ‘oui’ significatif, mieux vaut s’abstenir.

      J’espère que ces remarques vous aideront. Que notre Seigneur vous bénisse abondamment.
      R. D.

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